La Francophonie

 

Né sous la plume du géographe français Onésime Reclus en 1880, le mot "francophonie" désigne aujourd'hui à la fois un concept socio-linguistique et une entité géopolitique : l'ensemble des personnes pouvant s'exprimer en français à des titres divers (sans majuscule) et la structure institutionnelle qui rassemble les pays "ayant le français en partage" au sein de l'Organisation internationale de la Francophonie (avec une majuscule).

Avec environ 200 millions de francophones dans le monde, le français est avec l'anglais l'une des deux seules langues parlées sur tous les continents. De fait, depuis la première pierre posée à Niamey en 1970, la lente constitution d'une Francophonie culturelle, économique puis politique a réuni un nombre croissant de pays. De 18 membres en 1970 à 70 membres et observateurs depuis 2008, cet élargissement a aussi modifié l'équilibre géographique d'une Francophonie historiquement surtout africaine, comme l'a symbolisé le sommet de Hanoï en 1997, et pose désormais la question de sa cohérence et de ses missions.

L'affirmation politique de la Francophonie sur la scène internationale s'accompagne d'un recentrage autour des thèmes de la démocratie, de la diversité culturelle et du développement. Dans le contexte de la mondialisation, la Francophonie devient un instrument partagé d'influence au service de la diversité des cultures.

 

Les Francophones dans le monde

 

 200 millions de francophones, dont 72 millions de francophones partiels : telle est l'évaluation à laquelle parviennent les auteurs du rapport, non sans avoir précautionneusement rappelé qu'il ne pouvait s'agir que d'estimations et appelé de leurs voeux la constitution d'instruments de mesure plus scientifiques. Par rapport aux données précédentes, le nombre de locuteurs capables de faire face aux situations de communication courante a augmenté de même que le nombre de locuteurs ayant une compétence en français plus limitée. Cette augmentation est due, d'une part, à la prise en compte des États ayant adhéré à l'Organisation internationale de la Francophonie depuis la dernière enquête ; d'autre part, à des réévaluations substantielles du nombre de francophones dans des pays d'Afrique subsaharienne dont la population a considérablement augmenté, comme le Tchad ou le Togo. Enfin, une enquête dans les États du continent américain non membres de l'OIF a permis d'estimer le nombre de francophones à 1 800 000 et le nombre de francophones partiels à 600 000.

 

Pays et régions du monde les plus francophones

 

Les pays où l'on trouve le plus de francophones et francophones partiels pour l'Afrique du Nord, sont le Maroc en nombre et la Tunisie en pourcentage de la population totale ; pour l'Afrique subsaharienne, la République démocratique du
Congo en nombre et le Gabon en pourcentage ; pour l'Europe centrale et orientale, la Roumanie en nombre et en pourcentage. Au Moyen-Orient, le Liban devance largement l'Égypte en pourcentage ; dans l'océan Indien, Madagascar passe devant les Comores en nombre mais pas en pourcentage ; en Extrême-Orient, avec des valeurs très faibles, si le Viêt Nam est premier en nombre, le Cambodge l'est en pourcentage ; en Europe de l'Ouest, les pourcentages atteignent, bien sûr, quasiment les 100 % en France et en Communauté française de Belgique, et s'en rapprochent au Luxembourg. Le Québec, quant à lui, recense plus de 6 millions de francophones, soit 83,1 % de sa population. Pour l'ensemble du Canada, le nombre de locuteurs est en progression et se situe à plus de 9,2 millions.

 

 L’Organisation internationale de la Francophonie 

L’Organisation internationale de la Francophonie(OIF) rassemble les gouvernements des pays ayant le français en partage. La première conférence intergouvernementale se réunit à Niamey (Niger) en 1969. La première pierre institutionnelle est l’Agence de coopération culturelle et technique (ACCT) créée en 1970, et devenue en 1995 l’Agence intergouvernementale de la Francophonie (AIF). Enfin, en 1986, se tient en France le premier sommet des chefs d'Etat et de gouvernement francophones. Au milieu des années 1990, un tournant politique donne un nouvelle dimension à la Francophonie, jusque-là essentiellement consacrée à la coopération culturelle et économique. Entamé au sommet de Cotonou en 1995, c’est deux ans plus tard au sommet de Hanoi qu’aboutit cette réforme : une nouvelle Charte de la Francophonie est adoptée et le premier Secrétaire général de la Francophonie, Boutros Boutros-Ghali, est nommé. Une nouvelle réforme intervient en 2005. La Conférence ministérielle, réunie à Tananarive (Madagascar), adopte le 23 novembre une nouvelle Charte de la Francophonie. Dans un souci de simplification du système institutionnel, l’Agence intergouvernementale constitue désormais l’Organisation internationale de la Francophonie (OIF), sous l’autorité du Secrétaire général de la Francophonie.

 

Les objectifs de la Francophonie

 

«La Francophonie, consciente des liens que crée entre ses membres le partage de la langue française et des valeurs universelles, et souhaitant les utiliser au service de la paix, de la coopération, de la solidarité et du développement durable, a pour objectifs d’aider : à l’instauration et au développement de la démocratie, à la prévention, à la gestion et au règlement des conflits, et au soutien à l’État de droit et aux droits de l’Homme ; à l’intensification du dialogue des cultures et des civilisations ; au rapprochement des peuples par leur connaissance mutuelle ; au renforcement de leur solidarité par des actions de coopération multilatérale en vue de favoriser l’essor de leurs économies ; à la promotion de l’éducation et de la formation. Le Sommet peut assigner d’autres objectifs à la Francophonie.

La Francophonie respecte la souveraineté des États, leurs langues et leurs cultures. Elle observe la plus stricte neutralité dans les questions de politique intérieure. Les institutions de la présente Charte concourent, pour ce qui les concerne, à la réalisation de ces objectifs et au respect de ces principes ».

 


L’Adhésion de la Grèce à l’Organisation Internationale de la Francophonie

 

C’est en 2004, année Olympique, que la Grèce a décidé de se porter candidate en tant que membre associé à l’Organisation Internationale de la Francophonie. Afin de célébrer cet événement, les Etats Généraux de la Francophonie se sont déroulés du 2 au 5 décembre 2004 à Athènes, quelques jours après le 10ème Sommet de la Francophonie à Ouagadougou.

C’est de la Grèce que la Francophonie a hérité les valeurs démocratiques et la philosophie humaniste qu’elle défend. C’est aussi de la langue grecque que le français tire ses racines, non seulement au sens étymologique à travers son vocabulaire, mais au sens intellectuel et spirituel à travers les concepts et la compréhension du monde exprimés par le langage. Que la première culture européenne rejoigne la famille francophone est donc un geste d’une grande portée symbolique et un témoignage fort en faveur de la diversité culturelle.

Pour la Grèce, la Francophonie représente à la fois l’ouverture à un réseau de relations tissé sur les cinq continents dans tous les domaines et la découverte de solidarités nouvelles au-delà de la langue partagée. La démarche officielle d’adhésion doit pour cela s’accompagner d’un véritable engagement et d’une mobilisation de tous les francophones dans toutes les sphères de la société grecque : professeurs, écrivains, éditeurs, artistes, mais aussi scientifiques, journalistes, acteurs économiques et simples citoyens. C’est le sens des Etats généraux de la Francophonie, qui s’adressent à tous les milieux de la société civile grecque qui veulent la renaissance d’une Francophonie moderne sur la terre hellène.

Le jeudi 2 décembre 2004, a été donné le coup d’envoi des premiers Etats Généraux de la Francophonie organisés à Athènes.

Le 26 octobre 2004, la Grèce a rejoint la grande famille francophone, en adhérant, en qualité de membre associé, à l’Organisation Internationale de la Francophonie (OIF). Cette décision des autorités grecques honore ainsi toutes celles et tous ceux qui, en Grèce, font au quotidien le choix de la langue française, dans un cadre professionnel, familial, relationnel ou culturel.

Cette adhésion a une traduction concrète : tous les Grecs francophones et Francophones en Grèce ont été conviés aux premiers Etats Généraux de la Francophonie, qui ont eu lien du 2 au 5 décembre 2004, à Athènes, pour évoquer le français ici, sa place et son rayonnement, pour débattre de la francophonie, de ses enjeux et de ses valeurs. Cinquième Congrès panhellénique des professeurs de français, mais aussi entrée libre à des forums, débats et table-rondes : multiples occasions d’apporter des idées, des projets, de confronter des expériences, en un mot de parler du français ou, tout simplement, de parler le français.

L’ouverture des Etats Généraux de la Francophonie a eu lieu au Palais de la Musique en présence de 2000 personnes, dont M. Abdou Diouf, secrétaire général de l’OIF, de la ministre grecque de l’Education nationale et des Cultes, Mme Marieta Giannakou, des secrétaires d’Etat aux Affaires étrangères, M. Skandalakis, et des Sports, M. Orfanos, ainsi que de nombreuses personnalités.