Allocutions

  • Théodore Fortsakis Open or Close

    Professeur Théodore Fortsakis

    Doyen de la Faculté de Droit de l'Université d'Athènes

     

    Fortsakis

    Allocution

    à l’occasion de la remise des insignes d’Officier des Palmes académiques

    (Mardi 5 mars 2013, 19h, Ambassade de France)

     

     

     

    Votre Excellence, Monsieur l’Ambassadeur,

     

    J’aimerais tout d’abord vous remercier du fond du cœur du grand honneur que vous m’avez fait et des paroles si chaleureuses que vous venez de prononcer à mon égard. C'est la deuxième fois que dans cette Maison de France, si hospitalière et ouverte aux amis de la francophonie – et pas seulement – la France m'honore par une décoration, puisque c'est ici même, il y a plus de cinq ans, que j'avais reçu les insignes de chevalier des Palmes académiques. À travers votre personne, Monsieur l’Ambassadeur, mes remerciements vont également aux autorités françaises qui m’ont décerné cette décoration.

     

    Permettez-moi de saisir cette occasion pour vous exprimer toute ma reconnaissance pour le soutien que vous prodiguez si généreusement à tout effort visant à promouvoir les collaborations universitaires, académiques et plus largement culturelles, en vue du développement des relations de nos deux pays dans ces domaines.

     

    J’aimerais adresser aussi mes remerciements à Monsieur Olivier Descotes, Conseiller culturel, qui manifeste toujours une extrême disponibilité pour accueillir et soutenir tous ces efforts, ainsi qu’à Monsieur Nicolas Christodoulou, président de notre Association, l’AMOPA, qui saisit toute occasion de promouvoir les actions culturelles communes. Toute l’équipe de l’IFA mérite d’être saluée pour ses activités si intenses au service de la culture franco-hellénique.

     

    Je suis parfaitement conscient qu’une large partie des compliments que vous avez eu la bonté de prononcer à mon endroit est exagérée, comme il convient quelque peu en de telles occasions. Cependant, je suis prêt à les accepter si l’on convient aussi qu’ils me concernent non pas personnellement, mais en tant que représentant ou collaborateur de diverses organisations et communautés qui œuvrent pour le soutien et le développement de ces activités. Je me réfère tout d’abord à l’Université, ici présente, et je salue le recteur et les vice-recteurs, actuels et honoraires, les présidents et nombreux professeurs de diverses facultés, médecine, lettres, sciences politiques, et droit, bien évidemment. Je salue tout particulièrement la présence de mon ancien professeur, M. Spiliotopoulos, maintenant professeur honoraire et actuellement vice-président de l’Académie d’Athènes, qui est le père de ce que l’on a appelé «l’école française de droit public d’Athènes», puisqu’il existe chez nous une véritable communauté de publicistes formés en France, qui maintiennent des relations très étroites avec leurs universités françaises d’origine. Le Conseil d’Etat, dont le président, M. Menoudakos, deux vice-présidents, MM. Arnaoutoglou et Randos, et un vice-président honoraire, M. Tzevelekakis, des conseillers, des maîtres des requêtes et des auditeurs nous honorent ce soir, ainsi que la Cour des comptes, ici présente également en la personne de sa vice-présidente, Mme Douni, qui représente le président, M. Karavokyris, sont deux institutions qui alimentent constamment nos relations très étroites avec le droit public français. Leur présence revêt un caractère symbolique, à un moment ou diverses pressions essaient de réorienter notre pays vers la révision de son système de contrôle des finances publiques, jusqu'à ce jour très proche du modèle français, au profit du modèle anglais. Je salue également la présence du président du Conseil juridique de l’Etat, M. Georkakopoulos, et de l’ancien bâtonnier d’Athènes, M. Paxinos, ainsi que de nombreux collègues du Barreau, tous piliers de la francophonie en Grèce. De même, les amis de notre Association franco-hellénique pour le soutien du lycée français Eugène Delacroix, de l’AFREL qui réunit les diplômés des universités francophones en Grèce, de l’Association Henri Capitant qui rassemble les juristes francophones de Grèce, mais aussi mes amis et les membres de ma famille, et tout particulièrement mon épouse et ma mère, qui appartiennent au monde francophone, la première directement, la deuxième indirectement – mais elle se trouve à l’origine de ma francophilie.

     

    Dans un autre domaine de la culture, je salue également les membres du Conseil d’Administration de l’Orchestre national d’Athènes, ainsi que son chef, M. Vassilis Christopoulos.

     

    Je voudrais également saluer la présence ici de nombreuses personnalités politiques et représentants de l’Etat, actuels ou anciens ministres, qui proviennent de l'Université ou qui ont exercé des responsabilités importantes dans le cadre de l'éducation nationale, notamment MM. Stylianidis, actuellement ministre de l'Intérieur, ancien ministre de l'Éducation nationale, M. Kourkoulas, ministre délégué aux Affaires étrangères, M. Voloudakis, ministre délégué aux Réformes administratives, M. Taliadouros, ancien ministre délégué à l'Éducation nationale, les professeurs Louka Katseli, Haris Pamboukis et Georges Contogeorgis, M. Argyros, tous anciens ministres, ainsi que M. Kyriakos Mitsotakis, député et représentant ce soir son père, le président honoraire Constantin Mitsotakis, qui n'a pu se joindre à nous.

     

    Les amis de la francophonie sont donc ici présents très nombreux, provenant de tous horizons. La présence de toute cette assemblée diverse et choisie peut nous amener à nous poser la question suivante : quel sens cela a-t-il de se référer aux valeurs franco-helléniques ? Dans la crise européenne et grecque, mais aussi française, nous avons besoin de revenir aux valeurs fondamentales. La France et la Grèce ne sont-elles pas les deux pays spontanément cités lorsqu’on pense aux valeurs ? Car elles ont placé l’homme et la dignité humaine en premier, et tout le reste ne fait qu’en découler : égalité, justice, démocratie, droits de l'homme.

     

    Ces dernières années, ici en Grèce, mais également en France et dans toute l'Europe et le monde de l'Ouest, nous nous sommes détournés de ces valeurs fondamentales de notre civilisation et avons privilégié, en tant que société, le «tout économique» et, en tant qu'individus, le «tout consommation». Cela se trouve à l'origine de la crise. À une époque où l’on semble les avoir oubliées, il faut restaurer ces valeurs premières. Dans cet effort de restauration, le rôle de la langue est primordial. En effet, la langue n'est pas étrangère au choix des valeurs, car la langue véhicule des valeurs. À l'uniformité d'une langue planétaire il faut opposer le soutien de la francophonie et promouvoir la langue française à tout niveau. Ne jamais sous-estimer le rôle éminemment politique de la langue. Dans la crise, les amis se retrouvent et restent inséparables, au service de ces valeurs qui leur sont communes.

     

    Je tiens à souligner que tout cela ne relève pas de la langue de bois. En effet, aujourd’hui, beaucoup d’efforts ont été déployés par les autorités françaises sur place et beaucoup par les Grecs. Si cette promotion m’est décernée ce soir, c’est parce qu’il y a eu reconnaissance de ces efforts, collectifs, non individuels.

     

    C’est pourquoi je vous remercie tous, et vous en premier, Monsieur l’Ambassadeur.

     

  • Christiana (Chryssoula) Constantopoulou Open or Close

     

    Monsieur le Conseiller,

     

     

    Permettez-moi de vous remercier de tout cœur pour ce que vous venez de dire de moi et de m’avoir remis les insignes de Chevalier dans l’ordre des Palmes Académiques, distinction très flatteuse et qui m’honore profondément.

     

     

    Je dois dire que je suis adoptée par la culture française; non seulement à cause de ma mère, grand sculpteur grec qui a fait carrière à Paris, de mes 7 diplômes à la Sorbonne, de mes grands maîtres dans l’enseignement supérieur, de mes quatre missions au bureau de l’AISLF[1] ou de mes publications en France; c’est surtout à cause des principes d’égalité (indépendamment des appartenances de sexe ou d’origine nationale), principes qui sont inhérents à cette culture démocratique et qui m’ont inspirée d’imaginer mais surtout de réaliser des œuvres que je n’aurais certainement pas pu réaliser autrement. Je crois que c’est justement cette  « ouverture » de la France envers la création culturelle et scientifique (même quand cette création exprime l’altérité), qui font d’elle, un cas exceptionnel dans l’histoire de l’humanité.

     

    Car plus qu’une langue, pour nous, spécialistes en Sciences (dites) Humaines, le « français » exprime l’humanisme, cette théorie qui place l’ «être humain» au plus haut niveau des choix politiques et économiques. Or, je voudrais voir ce paradigme humaniste se réaliser vraiment dans la société moderne en quête de sens (en paraphrasant A. Malraux, on peut dire que le 21e siècle sera humain ou ne sera pas) ; pour ce qui me concerne j’essaie donc de contribuer à la diffusion de l’ enseignement humaniste: entre autres, (en tant que présidente du comité de recherche en sociologie de communication de l’AIS[2]) en organisant des événements francophones non seulement en Grèce mais aussi à l’étranger, en Afrique du Sud, en Turquie, en Espagne, à Suède, en Argentine -et je prépare en ce moment des événements au Japon pour 2014.

     

    Je tiens aussi à remercier de tout cœur mes chers collègues de l’université Panteion, mais aussi de l’Université du Pirée et de Chypre, ici présents, mes amis qui sont venus ce soir partager ma joie ; mes filles Iris et Laurence qui ont dû grandir avec une mère souvent très occupée ; et bien entendu, avec vous, Monsieur le Conseiller et avec M. Christodoulou, mes collaborateurs du service de la coopération universitaire de l’Ambassade de France ( l’attaché M. Siegfried Martin-Diaz et Mme Mireille Voyatzi –qui après tant d’années je considère comme une amie) ; vous m’avez appuyée à la réalisation de mes projets, et j’espère pouvoir faire continuer encore longtemps notre collaboration fructueuse.

     

    Christiana (Chryssoula) Constantopoulou

     

     

     



    [1] Association Internationale des Sociologues de Langue Française

    [2] Association Internationale de Sociologie

  • Nikolaos Georgarakis Open or Close

    Tsaltas - Georgarakis2 

    Athènes, le 2 Avril 2013

     

     

     

     

    Votre Excellence,

     Monsieur le Conseiller Culturel ,cher Directeur

    Monsieur le Président de l’AMOPA

    Mesdames et Messieurs,

    Chers amis,

    A Athènes, pas loin d’ici, il y a de siècles, le «Connais-toi, toi-même » (γνώθι σαυτόν) a été enseigné comme valeur suprême de l’existence de l’être humain.

    Il me semble, je l’avoue, que l’image de moi que vous venez de présenter, Monsieur l’Ambassadeur, me parait trop élogieuse!

    Quoi qu’il en soit, c’est un grand honneur de savoir que, d’après votre proposition, la République Française a reconnu en moi un porteur des principes et des valeurs de la culture française.

    Je tiens à vous remercier vivement pour votre proposition.

    Je tiens aussi à exprimer, à travers votre personne, ma gratitude à la République Française pour m’avoir nommé Officier dans l’ordre des Palmes Académiques, une distinction précieuse et un geste de générosité de votre part.

    Monsieur l’Ambassadeur

    C’est ma conviction que cette nomination est bien la consécration de nos efforts communs pour le développement des relations plus étroites et fécondes entre nos deux pays, au cours de ces dernières années, lorsque j’avais l’honneur d’avoir la responsabilité, en tant que Secrétaire General, du Centre National d’Administration Publique et de Collectivités locales.

    Par notre coopération, nous avons contribué, de façon exemplaire, aux échanges d’idées créatives et au transfert de bonnes pratiques afin de soutenir la réforme de l’administration publique hellénique dans des conditions particulières et historiquement cruciales pour mon pays.

    A cette occasion permettez- moi aussi de rendre hommage à la contribution du directeur de l’institut français de Grèce M. Olivier Déscotes qui a toujours fait preuve d’une collaboration cordiale et efficace.

     

    Je me souviens avec nostalgie et émotion du chemin parcouru.

    Il me revient à l’esprit, l'image d’étudiant que j’étais et qui, avec le soutien de ses enseignants, cherchait à élargir ses horizons et à approfondir la connaissance qu'il avait acquise à leur côté, au cours de la période, juste après la chute de la dictature.

     

    Tout commence le 17 Août 1980 à Paris.

    C’est là, à Paris que je me suis retrouvé devant «un carrefour».

    Là j'y ai rencontré :

    - Le monde de la rationalité et des règles d’une part,

    - d’autre part, le monde des émotions, des symboles et de la revendication des   droits

    - Au centre, toujours, la condition humaine dominait.

     

    J'y ai rencontré Descartes,

    J’ai été émerveillé par Jean-Paul Sartre et Dérida.

    J’ai l’impression de les avoir écoutés au « Café de Flore » échanger vivement des arguments qui nourrissaient des exigences sociales et des conflits dans les rues et les quartiers tout autour.

    Je me suis retrouvé dans un univers de pensées et de pratiques qui assurent la coexistence

    • d’une part, de la connaissance et de la règle en tant que condition nécessaire pour réguler les rapports sociaux et le fondement du politique.
    • et d'autre part, de la volonté, des sentiments et de la revendication des droits en tant que précondition

    - pour la construction de la société

    - pour le développement des mouvements sociaux,

    - pour la conquête de la liberté de pensée et d'expression et

    - pour l'égalité.

    Pour une société de solidarité, sensible aux messages de son temps, aux processus d’avant-garde et de bouleversement sociaux.

    J’ai vu

    - comment se constitue un univers institutionnel, social et politique, qui fonctionne de façon efficace.

    - (J’ai vu) la fondation institutionnelle de l'État sur ​​la base du rationalisme,

    - Un état qui fonctionne au service de la société.

    J’ai également vu,

    - comment se construit une société civile forte.

    - comment elle transforme la demande sociale en mouvement de revendications sociales,

    - une société vivante et sensible à tout changement.

    J'ai vu finalement

    ces deux mondes créer un univers qui a enseigné à la modernité comment elle peut vivre entre les ruptures et la continuité.

    Créer une société de solidarité, fondée sur le rationalisme et le mouvement pour le changement.

    C’est le paradigme qui depuis quatre siècles traverse notre planète.

    Il est devenu un objet à la fois de conflit et de consensus,

    Pour qu’il soit reconnu comme un prototype d’organisation au niveau universel sur la base

    - du respect de la différence,

    - de la coexistence de forces opposées,

    - de la solidarité

    Monsieur l'Ambassadeur

    Sur cette voie, beaucoup d’entre nous se sont engagés.

    dans notre pays.

    Dans ce pays où la démocratie est née et qui a diffusé ces valeurs communes à l'est comme à l'ouest.

    Déjà deux mille ans.

    Notre pays, pendant de longues périodes,

    -          a oublié ces idées.

    -          Quelques fois, il s'est moqué d'elles

    -          D’autre fois, il les a déformées.

    En cours de route, nous avons oublié que, dans la modernité, le rationalisme et les sentiments doivent se retrouver non seulement en débat incessant entre eux.

    Ils doivent aussi fonder un édifice institutionnel, un Etat efficace et une société ouverte aux changements.

    Bien plus, ils doivent conduire à

    -          une société forte apte à contrôler l'État et limiter les déviations autoritaires du pouvoir et

    -          un Etat capable de résister aux égoïsmes fragmentés des sujets sociaux.

    Ainsi, ne parvenant pas à atteindre les objectifs précités, notre génération semble avoir échouée.

    Mais, cette image qui envahit ces dernières années les écrans des télévisions du monde entier ne fait pas justice aux efforts d’une Nation toute entière, de ceux qui ont travaillés à construire un pays efficace et un peuple fier.

    Fier, non seulement pour son passé, mais surtout pour ce qu'elle pourrait construire dans l’avenir.

    Je vous assure Monsieur l'Ambassadeur,

    Qu’à cette soirée, ici, entre nous, il y a beaucoup de ces personnes qui ont travaillés et qui continueront sans cesse à travailler, pour que la Grèce s’oriente là où les valeurs de la Grèce classique et de l’Age de lumière se croisent.

    Je vous remercie Σας ευχαριστώ από καρδιάς όλους….

     

  • Paul Marinos Open or Close

    REMERCIEMENTS DE PAUL MARINOS

    A LA REMISE DE L’INSIGNE DE CHEVALLIER DANS L’ORDRE DES PALMES ACADEMIQUES

    INSTITUT FRANÇAIS D’ATHENES, 14 MAI 2013

     

    Monsieur le Conseiller et Directeur de l’Institut Français de Grèce,

    Monsieur le Président de l’AMOPA,

    Illustres et Distingués invités,

    Chers collègues et amis,

    Mesdames et Messieurs,

     

    Merci Monsieur le Conseiller et

    à travers vous, à la République française, pour l’honneur qui m’est conféré aujourd’hui.

    Mon premier contact avec la France et sa culture est survenue à l’âge de 8 ans, en 1951, quand les «Classiques Illustrés», sont arrivés en Grèce. Le premier numéro était «Les Misérables». Bien que la critique émise à l’époque sur cette forme de vulgarisation des œuvres classiques fût forte, c’était, au moins pour les très jeunes, une initiation, une excitation.…..Enfin toutes les fois que je visite Paris, c’est-à-dire chaque année, je n’omets pas de faire une promenade aux jardins du Luxembourg cherchant Marius et Cosette, Titika de la traduction remarquable d’Ioannis Skylitsis de l’Ecole Romantique Grecque…….

    Et ensuite cette professeure de français au Lycée, à Varvakio, Madame Sini, et ses cours de littérature comparée, Molière et Aristophane…..et, bien sûr, l’Institut Français d’Athènes (L’Ecole Française d’Athènes de l’époque) et Madame Matsola de l’annexe de Koukaki…...L’époque d’Octave Merlier, dont l’héritage pédagogique et culturel et le franco-hellénisme, si bien enraciné, est cultivé si remarquablement aujourd’hui par vous, vos collaboratrices et vos collaborateurs, Monsieur le Directeur…..

    Le point du vrai départ de l’interaction scientifique est situé à Grenoble où, après avoir obtenu mon diplôme d’Ingénieur de l’Ecole Polytechnique d’Athènes, je poursuivis des études post-graduées et j’obtins le titre du Docteur en 1969. Reynold Barbier, membre de l’Académie des Sciences, est mon directeur de thèse. C’est aussi la période où je travaillais à la Compagnie d’Aménagement du Bas-Rhône Languedoc; une grande expérience, une expérience exceptionnelle pendant le boom des travaux d’infrastructure, construits à cette époque. ….Dr Gilbert Cheylan mon patron dans l’application des connaissances, un Grand Monsieur …..Le Lauragais, le terrain de ma première thèse où je me vois préparer mon premier projet de barrage…et le cassoulet entretemps pour tenir le coup …la Montagne Noire et les œuvres de Riquet…. La Camargue, ce jeu de mélange des eaux et des terres, ses mas et ses manades, et le mistral bien sûr, le terrain de ma 2ème thèse …..Nîmes et sa garrigue où j’ai été basé pendant 2 ans. J’ai appris à aimer la nature de ce pays, si diversifié, si inspirant, si beau, comme le mien…….

    C’est la période où j’ai connu Catherine….. Elle étudiait la psychologie … et avait décidé de faire la pratique sur moi. Ma femme, ma grande supportrice tout le long de ma carrière. Je luis dois …..tout !

    Depuis, rentré en Grèce, je n’ai cessé d’avoir une collaboration scientifique dans le domaine de l’enseignement et de la recherche. D’abord à l’Université Démocrite de France et ensuite à l’Ecole Polytechnique d’Athènes, les Ecoles du Génie Civil : recherches en commun, professeur invité à l’Université de Grenoble (1987), professeur invité à l’Ecole des Mines de Paris (2003-4), thèses de doctorats en commun. Thésards, professeurs dans des Universités grecques aujourd’hui. Et récemment j’ai la responsabilité côté grec, du programme du double diplôme avec l’Ecole des Ponts et Chaussées, un programme réussi et très apprécié, entre Ecoles hautement placées dans le palmarès de la liste mondiale de l’enseignement en Génie Civil. Un programme formulé, dans les années 2000 par le Professeur Emérite Andreas Anagnostopoulos, ici présent, et le professeur Roger Frank. Le mérite leur en revient.

    Pendant les années 1990 j’étais à la tête de l’Association Internationale de Géologie de l’Ingénieur et de l’Environnement. Contre l’envahissement de la langue anglaise, comme seule langue de communication, et croyant fortement à la culture qu’offre le polyglottisme, j’ai pu, parmi d’autres actions, conserver la langue française comme langue officielle dans cette société savante. De plus, j’ai fortement appuyé, par le moyen de cette Association, un cycle poste-gradué, francophone, de Géologie Appliquée, commun à l’Ecole des Mines de Paris, l’EPFL de Lausanne, l’Université de Liège et L’Ecole Polytechnique du Québec.

    Le point culminant : les journées d’études de mes étudiants de l’Ecole Polytechnique d’Athènes, qui se déroulent chaque année au Sud-Est de la France, 23 ans déjà, sans interruption. Avec 200 étudiants nous visitons des chantiers, des grands ouvrages, nous faisons des cours et travaux dirigés sur le terrain, sur les aléas naturels, nous parcourons les Alpes…..oh «pourtant que la montagne est belle…»,…nous jouissons des arômes de Provence…. Les étudiants prennent chaque année connaissance des réalisations de la technologie française, mais ont aussi l’occasion de prendre contact avec la culture française. Nous discutons,… nous discutons …., durant toute la journée, tous les jours… sur maints sujets….sur la logique rationnelle cartésienne, l’empirisme, le probabilisme. La nécessité d’une base mathématique, pendant leurs études, si chère au système français. Mais aussi l’indispensable complémentarité entre formation et pratique….. L’éducation au-dessus de l’enseignement ….«après le pain, l’éducation est le premier besoin du peuple » de Danton….. et…Mai 68 aussi,…. bien sûr, où de nouvelles valeurs apparaissent.

    Avec émotion, il m’est absolument nécessaire d’exprimer mes sentiments, à savoir que tout ceci n’aurait pas pu avoir lieu sans la synergie, l’apport, la collaboration et l’entente, au long de plus de 45 années, de personnes importantes, remarquables et si captivantes des sciences et du génie de ce pays. Des personnes, amies aujourd’hui. J’en suis reconnaissant. Et ici, dans mon pays, j’ai toujours eu le privilège de travailler en compagnie de collègues et d’étudiants remarquables, quelques uns ici présents ce soir,… ayant ainsi l’occasion, chaque jour, d’en apprendre un peu plus. Je voudrais donc profiter de cette tribune pour publiquement remercier mon «employeur», mes Universités, de Thrace et d’Athènes, qui m’ont laissé toute la latitude pour mener une carrière qui m’a beaucoup donné. Aussi toutes ces personnes dans le monde des projets et des travaux, qui m’ont donné la possibilité d’appliquer mes connaissances en les améliorant également.

    Pour l’essentiel, je tiens à souligner le rôle capital de ma famille. J‘ai eu non seulement la compréhension de mon épouse, mais également son soutien et sa complicité… qui m’ont permis de m’investir à travers mes différents engagements. La grande assistance de mes deux garçons, George et Vassilis, l’un dans les lettres, l’autre dans les sciences, qui, grâce a leur vivacité d’esprit et la fraicheur de leur pensée, m’ont permis de progresser en repoussant les dangers de la certitude.    

    Monsieur le Conseiller

    Mesdames et Messieurs, collègues et amis, je vous remercie pour le témoignage de sympathie que vous m’accordez ce soir.

  • Michel Assémat Open or Close

    Allocution de Michel Assemat

  • Dr Nicolas Christodoulou - Colloque de l'Université PANTEION: 22 Janvier 2014 Open or Close

    Allocution du président de l'AMOPA section hellénique au colloque de l'Université PANTEION: 22 Janvier 2014 a l'auditorium de l'Institut Français de Grèce.

     

    Monsieur le Conseiller Culturel,

    Madame le vice-recteur, Monsieur le Président, Officiers et

    Chevaliers des Palmes académiques

    Chers Professeurs, collègues et étudiants,

    Certes, je ne suis pas la personne la plus compétente pour parler de médias et pouvoir ou thanatos, ou bien des structures militaires d’exercice du pouvoir car il y des spécialistes éminents dans cette salle qui vont, j’en suis sûr, éclaircir différents points au cours de ce colloque sous l’initiative du Panteion. Par ailleurs, l’AMOPA ne pouvait être absent de cette initiative prise par un de ses membres, Professeur Constantopoulou que nous remercions et félicitons, mais aussi d’autres membres comme le Président, Professeur Perrakis, la présence de notre vice-président Georgarakis et évidemment de toute l’illustre équipe du comité scientifique.

    L’hommage à Louis-Vincent Thomas permettra à nos étudiants d’aborder des thèmes philosophiques préoccupant l’homme depuis l’épopée homérique car passant par les grands poètes de l’humanité, Dante, Shakespeare, Goethe ou les chants populaires des différentes régions du monde, le mot thanatos et pouvoir sont des notions innées. Dans l’anthropologie, le pouvoir est lié à Eros et Thanatos, au pouvoir que l’avidité humaine veut s’approprier.

    N’oublions pas la devise de Fouquet « Quo non ascendam » (Jusqu’où ne monterai-je point ?) mais n’oublions pas sa fin non plus ! (Disgracié et emprisonné sous l’ordre de Louis XIV).

    De nos jours, le rôle des média est primordial car ses représentants peuvent destituer ou réussissent à faire monter au pouvoir les hommes politiques de leur choix.cf situation politique actuelle

    L’AMOPA vous souhaite « bons travaux » et félicite l’Université de Panteion toujours innovante dans différents domaines dont la communication et la sociologie, l’anthropologie, la thanatologie en l’occurrence.

    Dr Nicolas Christodoulou

    Président de la section hellénique de l’AMOPA

  • Dr Nicolas Christodoulou - Colloque de l'Université PANTEION: 11 Mars 2014 Open or Close

     Monsieur le Conseiller Culturel,

    Monsieur le Recteur,

    Madame le vice-recteur,

    Chers Chevaliers et Officiers de l’AMOPA,

    Mesdames et Messieurs les Professeurs,

    Chers amis de la Francophonie

     

    L’idée de la Francophonie est importante surtout pour un pays comme la France qui résiste non seulement par sa culture mais aussi par sa politique d’exception à l’unique puissance.

    Les langues aujourd’hui sont plus que jamais indispensables pour diverses raisons notamment politiques, économiques, culturelles, sociales, littéraires, historiques, démographiques, géographiques, mais surtout pour la compréhension mutuelle, la tolérance d’un pays envers l’autre sans sentiment de supériorité, d’oppression. C’est, je crois, ce qu’ont toujours voulu prouver nos deux peuples surtout dans le système universitaire public qui régit nos deux pays.

     

    En apprenant plus qu’une seule langue et en n’adoptant pas une lingua franca au sein de l’Union Européenne, nous respectons d’abord notre personne, nos traditions et notre langue. Combien serions-nous démunis si chacun arrêtait de parler sa langue maternelle et communiquait dans la langue de l’autre pour transmettre les contes, les traditions, les danses au Français, à l’Espagnol, à l’Italien, au Portugais, à l’Anglais, et essayait de le faire dans une seule et unique langue ?

     

    Bien sûr, vous allez vous demander pour quelle raison quelqu’un apprendrait le Français et pas une autre langue. Nous-mêmes bien que favorables au plurilinguisme, nous soutenons le Français comme seule langue à part l’Anglais, qui est parlé sur les cinq continents et résiste grâce au cinéma, à la chanson, la politique, à l’adoption d’un seul et unique mode de pensée et d’application du droit.

    Peut-être connaissez-vous le programme EUROM 4. Il s’agit d’un mode d’apprentissage qui permet à quelqu’un ayant appris le Français et après avoir suivi 36 heures d’enseignement d’Espagnol, d’Italien et de Portugais, à ce que ces 4 peuples puissent communiquer entre eux, soit par écrit (messages électroniques) soit oralement, sans adopter la langue de l’autre, chacun parlant la sienne. Il est en effet assez comique qu’un Français essaye de communiquer avec un Espagnol en Anglais, alors qu’il peut grâce à la construction latine de sa langue comprendre facilement son interlocuteur. Ces quatre langues représentent 180 millions d’Européens.

     

    Au-delà de tout ça, la compréhension de la démocratie, du mode de pensée synthétique, de l’esprit cartésien rationnel qui prend ses racines dans la logique d’Aristote et de Platon, est sans conteste un des facteurs qui aide au dépassement des frontières, d’un nationalisme effréné qui nous a fait tant souffrir comme nation et comme Europe, chacun essayant de dominer l’autre au lieu de le comprendre.  Et cela est d’autant plus d’actualité que juste avant les élections européennes, nous avons des tendances qui rejettent l’idée Européenne et touchent aux limites du totalitarisme nazi.  Ainsi, il n’est pas possible qu’existent dans des ghettos linguistiques ni l’imposition d’une langue au sein du Conseil Européen, ni la domination d’un modèle de gouvernement sur un autre. Imaginez combien de gens seront exclus à cause de la non utilisation d’une seule et unique langue. Combien la communication serait difficile avec un vocabulaire toujours plus pauvre dans une langue étrangère même si elle est bien maîtrisée.

     

    Je voudrais aussi faire remarquer que d’un point de vue linguistique, politique et culturel, la Grèce est un des pays-membres de la Francophonie, où 12,9% de ses citoyens parlent, écrivent et comprennent le Français leur permettant de partager des valeurs communes.

     

    Il serait judicieux que l’impact dans les établissements d’enseignement publics soit plus tangible avec la formation des enseignants en langue étrangère et l’adoption de l’apprentissage du Français à tous les échelons de l’enseignement public.

     

    Le système d’éducation Français donne la possibilité aux habitants de ce pays de se passionner pour la culture Hellénique. Ainsi, les Grecs qui étudient dans les Universités Françaises se trouvent dans un environnement familier, qui les accueille chaleureusement. Ils n’ont jamais entendu parler de comportements racistes contre les Grecs en France et en même temps le milieu Académique avec son système public qui ne diffère pas beaucoup du système Grec, comprend la Grèce et la situation où elle se trouve actuellement.

     

    L’Ordre des Palmes Académiques dont font partie des Francophones remarquables de par le monde ainsi que des enseignants et professeurs d’université, donne un rôle déterminant et une place souveraine à la Grèce puisque nous partageons tous l’éducation classique. Je crois que l’Université de Panteion mène la consolidation et le renforcement de ces liens, et le titre de cette manifestation Passé – Présent – Futur montre la continuité qu’a cet enjeu dans notre pays. La Francophonie est l’avenir d’un peuple qui depuis 100 ans n’a pas eu le moindre conflit avec le monde Francophone, au contraire il a marché à ses côtés dans tous les combats pour la démocratie et la justice sociale.

     

    Je crois fermement, Monsieur le Recteur, que votre initiative est plus importante que jamais, puisqu’en temps de crise, nos étudiants, avec des moyens économiques limités choisissent de faire leurs études post universitaires dans le pays de l’éducation gratuite qui permet ainsi à des jeunes de valeur, sans ressources, de pouvoir continuer leurs recherches loin des instituts à intérêts financiers.

     

    Je vous félicite tous, et je souhaite que le peuple Hellénique reste sur le char de l’art éternel qui n’est autre que la culture Humaniste, indépendamment des études poursuivies, j’emploie le terme humaniste au sens que cela avait pendant la Renaissance, à savoir une personne cultivée et instruite.

     

     

      

                                                                 Nicolas CHRISTODOULOU

     Président de la section Hellénique de l’Ordre des Chevaliers  des Palmes Académiques

                                                                                   Université de Panteion 11 mars 2014



     

     

     

     

    « Η Γαλλοφωνία ως μέσο υπέρβασης μεταξύ των λαών.»

     

    Κύριε Πρύτανη,

    Κυρία Αντιπρύτανη,

    Κύριε Σύμβουλε της Γαλλικής Πρεσβείας,

    Κύριοι Αξιωματικοί και Ιππότες του Ακαδημαϊκού Φοίνικα,

    Κυρίες και Κύριοι Καθηγητές,

    Αγαπητοί φίλοι της Γαλλοφωνίας,


     

    Η σημασία της Γαλλοφωνίας είναι πολύ σημαντική πολλώ μάλλον που η  Γαλλία  είναι η χώρα που αντιστέκεται τόσο με την ‘πολιτιστική’ όσο και με την ‘πολιτική εξαίρεση’ έναντι της μιας και μοναδικής υπερδύναμης. Για τούτο θα επιμείνω στον πρόλογό μου στη σημασία της γλώσσας, τα υπόλοιπα θα τα παρακολουθήσετε στις συζητήσεις.

     

    Οι γλώσσες σήμερα είναι απαραίτητες όσο ποτέ για ποικίλους λόγους και ιδίως πολιτικούς, οικονομικούς, πολιτιστικούς, κοινωνικούς, λογοτεχνικούς, ιστορικούς, δημογραφικούς, γεωγραφικούς, μα πρωτίστως για την αλληλοκατανόηση, την ανεκτικότητα του ενός έναντι του άλλου χωρίς το αίσθημα της ανωτερότητας, της καταπίεσης. Και τούτο οι δυο λαοί μας, πιστεύω ότι το έχουν αποδείξει διαχρονικά ιδίως στον Πανεπιστημιακό δημόσιο σύστημα που διέπει τις δυο χώρες.

     

    Μαθαίνοντας πέραν της μιας γλώσσας και μη υιοθετώντας μια lingua francα εντός της Ευρωπαϊκής Ένωσης σεβόμεθα πρώτα τον εαυτό μας την παράδοση και τη γλώσσα μας. Πόσο ενδεείς θα είμαστε, εάν παύσουμε να ομιλούμε ο καθένας τη μητρική του γλώσσα και επικοινωνόντας στη γλώσσα του άλλου μεταφέροντας τα παραμύθια, τις παραδόσεις, τους χορούς στο Γάλλο, στον Ισπανό, στον Ιταλό, στο Πορτογάλλο, στο Βρεταννό, προσπαθούμε να τα κάνουμε σε μια μόνο γλώσσα;

     

    Βεβαίως ίσως διερωτηθείτε για ποιό λόγο να μαθαίνει κανείς Γαλλικά και όχι μια άλλη γλώσσα. Εμείς, όντας υπερ τις πολυγλωσσίας στηρίζουμε τη Γαλλική  ως τη μόνη πλην της Αγγλικής η οποία ομιλείται και στις πέντε ηπείρους  και ανθίσταται μέσα από τον κινηματογράφο, το τραγούδι, την πολιτική, στην υιοθέτηση ενός και μοναδικού τρόπου σκέψης και εφαρμογής του δικαίου.

     

    Ίσως γνωρίζετε το πρόγραμμα EUROM 4. Πρόκειται για ένα μέσο εκμάθησης βάσει του οποίου αρκεί κανείς μετά την εκμάθηση της Γαλλικής να διδαχθεί 36 ώρες την Ισπανική, την Ιταλική και την Πορτογαλική ούτως ώστε οι τέσσερις λαοί να επικοινωνούν μεταξύ τους είτε γραπτώς (μέσω ηλεκτρονικών μηνυμάτων) είτε προφορικώς μη υιοθετώντας τη γλώσσα του άλλου αλλά ο καθένας ομιλώντας τη δική του. Και τούτο διότι είναι τουλάχιστον αστείο να προσπαθεί ο Γάλλος να επικοινωνήσει με τον Ισπανό μέσω της Αγγλικής, αφού μπορεί, εάν ο συνδιαλεγόμενος αντιληφθεί τη δομή της λατινογενούς του γλώσσας, να κατανοήσει εύκολα τον συνομιλητή του. Οι τέσσερις αυτές γλώσσες αντιπροσωπεύουν 180 εκατομμύρια κατοίκους της Ευρώπης.

     

    Βεβαίως πέραν αυτού, η εμπέδωση της δημοκρατίας, του συνθετικού τρόπου σκέψης, του ορθολογικού Καρτεσιανισμού που πηγάζει από τον Αριστοτέλη και τον Πλάτωνα δια μέσου της λογικής είναι αναμφισβήτητα παράγοντες που βοηθούν στην υπέρβαση των συνόρων,  του άκρατου εθνικισμού από τον οποίο τόσο πολύ έχουμε υποφέρει και ως έθνος και ως Ευρώπη αφού ο καθένας προσπαθούσε να επιβληθεί του άλλου αντί να τον κατανοήσει. Και τούτο είναι επίκαιρο όσο ποτέ αφού λίγο πριν τις ευρωεκλογές έχουμε τάσεις απόρριψης της Ευρωπαϊκής ιδέας που αγγίζουν τις παρυφές του ναζιστικού ολοκληρωτισμού. Έτσι λοιπόν, από τα γλωσσικά ghettos δεν είναι δυνατόν να υπάρξουν, ούτε επιβολή μιας γλώσσας εντός του Ευρωπαϊκού συμβουλίου, ούτε κυριαρχία ενός μοντέλλου διακυβέρνησης έναντι του άλλου. Φαντασθείτε πόσοι θα αποκλεισθούν λόγω μη επαρκούς χρήσης μιας και μόνο γλώσσας. Πόσο ξύλινη θα είναι η επικοινωνία αφού το λεξιλόγιο είναι πάντα φτωχότερο σε μια ξένη γλώσσα όσο καλά και αν τη γνωρίζουμε.

     

    Θα ήθελα επίσης να τονίσω ότι τόσο από γλωσσολογικής απόψεως όσο από πολιτικής και πολιτιστικής, η Ελλάδα είναι ένα από τα κράτη-μέλη της Γαλλοφωνίας όπου 12,9 % ποσοστού των πολιτών της ομιλεί, γράφει και κατανοεί τη γλώσσα που του επιτρέπει να μοιράζεται κοινές αξίες. Ευχής έργον δε, θα ήτο η υπέρβαση στα δημόσια εκπαιδευτήρια να γίνει πιο απτή με πλήρη επιμόρφωση των φορέων που διδάσκουν τις ξένες γλώσσες καθώς και η καθιέρωση της διδασκαλίας της Γαλλικής σε όλες τις βαθμίδες της δημόσιας εκπαίδευσης.

     

    Το Γαλλικό εκπαιδευτικό σύστημα δίνει τη δυνατότητα στους κατοίκους της χώρας να εντρυφήσουν στον Ελληνικό πολιτισμό. Έτσι, οι Έλληνες οι οποίοι σπουδάζουν στα Γαλλικά Πανεπιστήμια ευρίσκονται σ’ ένα περιβάλλον οικείο, που τους αγκαλιάζει. Ποτέ δεν έχουν ακουστεί ρατσιστικές συμπεριφορές έναντι των Ελλήνων στη Γαλλία και ταυτόχρονα ο Ακαδημαϊκός χώρος, με το δημόσιο σύστημά του δεν απέχει πολύ του Ελληνικού, κατανοεί την Ελλάδα και τις θέσεις της.

     

    Στο τάγμα του Ακαδημαϊκού Φοίνικα στο οποίο μέλη του είναι διακεκριμένοι Γαλλόφωνοι ανά τον κόσμο, καθώς και Γάλλοι εκπαιδευτικοί / πανεπιστημιακοί δάσκαλοι, η Ελλάδα έχει ένα καθοριστικό ρόλο και δεσπόζουσα θέση αφού μοιραζόμαστε όλοι την κλασσική παιδεία. Για την εμπέδωση και ενδυνάμωση των δεσμών αυτών, πιστεύω ότι το Πάντειο Πανεπιστήμιο πρωτοστατεί και ο τίτλος της εκδήλωσης Παρελθόν – Παρόν – Μέλλον δείχνει τη συνέχεια που έχει αυτό το διακύβευμα στη χώρα μας. Η Γαλλοφωνία είναι το μέλλον ενός λαού που εδώ και εκατό χρόνια δεν είχε τη παραμικρή διένεξη με το Γαλλόφωνο κόσμο∙  τουναντίον βάδισαν μαζί σε όλους τους αγώνες για δημοκρατία και κοινωνική δικαιοσύνη.

     

    Πιστεύω ακράδαντα, Κύριε Πρύτανη, ότι η πρωτοβουλία σας είναι σημαντική όσο ποτέ άλλοτε, αφού στη περίοδο της κρίσης, οι φοιτητές μας, με ελάχιστα οικονομικά εφόδια δύνανται να επιλέξουν τις μεταπτυχιακές τους σπουδές στη χώρα της δωρεάν παιδείας ώστε άξια παιδιά, χωρίς χρήματα, να μπορούν να συνεχίσουν την έρευνά τους  μακριά από κερδοσκοπικά ιδρύματα.

     

    Σας συγχαίρω όλους και εύχομαι ο Ελληνικός λαός να παραμείνει στο άρμα της ες αεί τέχνης που δεν είναι άλλη από την Ανθρωπιστική καλλιέργεια, ανεξαρτήτως κλάδου σπουδών αφού Ανθρωπιστικός με την Αναγεννησιακή έννοια είναι ο μορφωμένος / καλλιεργημένος άνθρωπος.  

     

     

    Δρ Νικόλας Χριστοδούλου

    Πρόεδρος του Ελληνικού τμήματος της Τάξεως των Ιπποτών του Ακαδημαϊκού Φοίνικα

     

    Πάντειον Πανεπιστήμιο

     

    11 Μαρτίου 2014